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LA DIMENSION ÉROTIQUE : RÊVES, FANTAISIES ET IDÉES ÉROTIQUES

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Les fantasmes érotiques sont des pensées susceptibles de mener à l’excitation sexuelle. Ils peuvent être une simple idée ou un scénario très précis.

Des études récentes ont montré que, partagés avec son partenaire, les fantasmes pouvaient mener à une vie sexuelle plus riche et complice. En effet, le fait d’activer ses fantasmes avant et pendant l’activité sexuelle peut augmenter le désir et l’excitation sexuelle.

C’est pourquoi, en thérapie sexofonctionnelle, nous abordons ces thématiques avec les personnes que nous recevons, dans le traitement de certaines dysfonctions sexuelles (comme par exemple, dans le cas des troubles du désir ou de l’érection).

DÉFINITION DES FANTASMES

 

Que signifie le mot  » fantasme  » ? Utilisé dans l’Antiquité grecque sous la signification d’  » hallucinations visuelles « , il évoluera ensuite en français pour donner le mot  » fantôme  » et  » fantaisie « . A l’origine, le mot ne possède pas de sens particulièrement sexuel.

Il prendra une connotation médicale au 19ième siècle et se diffusera avec le succès des travaux de Freud. Ce dernier définira le fantasme comme « une représentation, un scénario imaginaire conscient (rêverie) plus ou moins déguisé en désir ».

Dans cette perspective psychanalytique, ils ne sont pas spécifiquement sexuels.

Ainsi, en Sexologie, nous utiliserons l’expression « fantasmes érotiques » pour définir les fantasmes à caractère sexuel. Et nous aborderons les fantasmes comme des pensées susceptibles de provoquer de l’excitation sexuelle.

Ces pensées sont parfois précises, parfois floues, parfois agréables, parfois pénibles, parfois réalistes, parfois bizarroïdes, parfois basés sur des souvenirs, parfois purement imaginaires, parfois volontaires, parfois involontaires… il semble donc difficile d’y voir clair.

De nombreux auteurs ont donc tenté d’en faire des classifications : fantasmes remémoratifs ou anticipatoires, fantasmes implicatoires ou non implicatoires, fantasmes orgasmiques ou post orgasmiques… Mais ces classifications n’ont pas pu rendre les choses plus simples.

Valérie Doyen, Sexologue, a proposé dans ce sens une catégorisation plus simple pour appréhender l’imaginaire érotique. Nous utilisons d’ailleurs cette même approche des fantasmes érotiques pour aider les couples en difficulté dans leur vie sexuelle.

On a tous, au niveau de notre cerveau, une partie dédiée à l’imaginaire érotique. Cette partie est soit pauvre voire inexistante soit trop présente.

Cette imaginaire érotique peut être assimilé à une commode à trois tiroirs, qu’on va devoir remplir ou vider.

LES RÊVES ÉROTIQUES

 

Il y a tout d’abord, dans le premier tiroir, les rêves érotiques. Ils ne sont pas à proprement parlé des fantasmes. Ils sont inconscients, involontaires et pratiquement incontrôlables.

Les rêves érotiques se produisent chez tout le monde et n’ont pas de signification cachée. Ce sont tout simplement des activités normales et involontaires. Elles peuvent donner des rêves érotiques agréables ou des cauchemars sexuels pénibles.

La plupart du temps, les personnes ne rêvent pas de leur partenaire, sauf en début de relation ou en cas de frustration. Parfois les visages sont flous, parfois il s’agit de personnes réelles voire connues mais cela ne veut pas dire que la personne ait envie que cela se produise dans la réalité.

En thérapie sexofonctionnelle, nous ne travaillerons pas autour de cette question des rêves érotiques.

 

LES FANTAISIES SEXUELLES

 

Elles constituent le deuxième tiroir des fantasmes sexuels. Elles surviennent à l’état d’éveil et sont des pensées conscientes, volontaires, à caractère sexuel, peu ou pas réalistes ou réalisables.

C’est un tiroir, en thérapie, qu’on pourra être amené à remplir ou à vider. En cas de trouble du désir par exemple, on peut constater que ce tiroir est peu rempli.

Sa caractéristique reste qu’il s’agit de quelque chose d’imaginaire que l’on ne peut ou que l’on ne veut pas forcément mettre en pratique dans la réalité. Pour Valérie Doyen, elles n’ont pas pour objectif de devenir forcément réalité mais qu’elles peuvent être utilisées pour raviver le désir sexuel, nourrir l’excitation, ou faciliter la venue de l’orgasme.

Il y a plusieurs catégories de fantaisies :

– Les irréalistes/insolites, les « jamais » : que l’on ne partage pas et qu’on n’a pas envie de réaliser.

– Les « oui mais » : qui ne sont pas réalisables pour des raisons culturelles, corporelles, organisationnelles… Elles sont partageables et peuvent être soumises à des compromis.

– Les « pourquoi pas » ; qui ont été réalisées dans le passé ou qui peuvent être envisagées à l’avenir.

 

LES IDÉES ÉROTIQUES

 

Bien qu’elles apparaissent parfois sans que nous le souhaitions, les fantasmes érotiques peuvent être aussi réactivés volontairement. Ainsi chacun peut décider d’y repenser volontairement en différentes circonstances.

Soit lors de rêveries éveillées en dehors de tout contexte sexuel, soit lors de la masturbation, soit durant les rapports sexuels.

On parle alors d’idées érotiques car ce sont des fantasmes conscients et volontaires qui ont pour but de colorer, pimenter la sexualité.

En thérapie, il s’agira d’équilibrer les fantaisies et les idées érotiques. Des outils seront donc proposés aux patients pour travailler autour de ces deux notions. Cela consistera par exemple à créer des scénarios érotiques (pour le travail autour des fantaisies érotiques) ou à déterminer ce qui peut être réalisable en matière d’ambiances, lieux, caresses, positions, jeux… (pour les idées érotiques).

RÉPRIMER OU ENCOURAGER LES FANTASMES ÉROTIQUES ?

Il ne semble pas approprié de chercher à supprimer la production des fantaisies érotiques. L’activité fantasmatique constitue une source considérable d’enrichissement pour la sexualité.

En effet, un imaginaire érotique élaboré peut, comme nous l’avons évoqué précédemment, contribuer à stimuler les phases de désir, d’excitation et de déclenchement de l‘orgasme.

Ainsi, nous encourageons nos patientes à développer leur imaginaire érotique. On peut supposer que les femmes ont autant de fantasmes que les hommes, mais elles les assument moins. Elles sont en effet davantage influencées par les pressions sociales qui diffusent encore une perception négative de la « liberté » sexuelle féminine.

Selon Valérie Doyen, ils se pourraient également que les femmes se posent encore trop de questions sur leurs fantasmes, souvent en se culpabilisant, en se sentant parfois « anormales » ou « perverses » d’avoir des fantasmes un peu originaux.

Il est vrai que la psychologie française a été longtemps dominée par une vision de l’humain datant du 19ième, vision dans laquelle les fantasmes sexuels étaient une forme de perversion.

Or les connaissances sexologiques actuelles contredisent bien ces assertions et visions. Et quelle que soit la définition que nous donnons au mot « fantasme » (que ce soient des rêves érotiques involontaires, des fantaisies conscientes ou des scénarios élaborés), la majorité d’entre eux sont d’une nature relativement banale.

Les fantasmes sont bien présents dans le champ de la sexualité des personnes, en pimentant leur vie sexuelle et en l’empêchant de se scléroser. Et la plupart savent qu’elles ne réaliseront jamais la majorité de leurs fantaisies érotiques, car elles devinent intuitivement que bien des fantasmes seraient très « décevants » s’ils devenaient réalité.

 

CONCLUSION

 

L’imaginaire sert donc le désir lorsqu’il joue un rôle de préliminaire, quand il fait naître et alimente une certaine fantaisie dans des circonstances banales de la vie.

Vous pouvez faire appel à votre imagination pour favoriser l’excitation. Elle peut être précieuse quand le surmenage, la fatigue et le manque de temps minent l’intimité du couple.

L’imaginaire est alors une sorte d’aphrodisiaque naturel, sans qu’il soit besoin de Viagra, ni même de plantes médicinales.

(Res)sources : La sexualité des gens heureux de Pascal de Sutter.

Apports cliniques : Valérie Doyen

Géraldine CHANAL
Psychologue – thérapeute de couple
3 rue des Cottages 75018 Paris
Tel : 07 86 05 00 87