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SEXUALITÉ : UNE HISTOIRE DE NORME ?

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Le thème de la normalité est partout autour de nous et est au coeur des interrogations des hommes et des femmes. Ainsi nous pouvons facilement imaginer le nombre de questions qui les traversent au sujet de leur propre sexualité : normalité au niveau du nombre de rapports sexuels, du nombre et du type d’orgasme, … etc.

 

QUELLES DÉFINITIONS ?

 

Mais finalement, qu’est ce qu’une norme ? Qu’est ce qu’être normal ou anormal ? Au niveau du dictionnaire, voici comment se définissent ces termes :

NORME : État habituel, conforme à la moyenne générale des cas et considéré le plus souvent comme une règle à suivre.

NORMAL :
1) Se dit de ce qui est conforme à l’état le plus fréquent.
► La situation sociale est redevenue normale
2) Qui est conforme à la norme établie comme telle ou encore, qui ne présente aucun trouble pathologique :
► Il n’est pas dans son état normal

ANORMAL : Ce dit de ce qui n’est pas conforme à la règle, ce qui est différent ou qui présente des troubles pathologiques.

Autrement dit, est considéré comme « normal », ce qui est conforme à la moyenne et qui respecte les droits de l’homme, ce qui est exempt de pathologie. Définir la normalité permettrait donc de dicter les conduites et comportements individuels dans la vie quotidienne.

La question de la normalité sous-tend inévitablement celle de la pathologie. En effet, établir des critères quant à ce qui est normal c’est aussi définir ce qui n’est pas normal, ce qui est donc pathologique. Ce qui est considéré comme pathologique est d’ailleurs supposé être soigné, le corps médical entre ici en scène avec des outils de diagnostic et des traitements afin que l’individu soit dans la norme.

 

SEXUALITÉ ET NORMATIVITÉ

 

Dans le domaine de la sexualité, ce principe est d’autant plus réaliste que ce sujet est toujours à l’heure actuelle baigné dans les tabous et les non-dits. Les repères que nous avons en notre possession pour nous épanouir personnellement sont parfois encore flous. Les normes statistiques ou médiatiques deviennent alors comme des  » commandements » à suivre.

Malgré tout, nous avons tous besoin de repères pour nous guider dans notre évolution et notre cheminement personnel. Ces normes, ces repères seront, bien entendu, influencés par notre éducation, notre famille, notre parcours de vie etc. Tout cela complexifie encore plus les choses.

Rappelons que la normalité sexuelle varie en fonction du contexte dans lequel l’individu se situe (culturel, religieux, sociétal, communautaire), est fonction du temps (au sein d’une même société, ce qui est normal à un moment ne l’est plus nécessairement à un autre), et varie d’un individu à l’autre. Elle fait référence à ce que la majorité des individus d’un endroit et d’une époque donnée font en matière de pratiques sexuelles.

Mais peut-on dire que la normalité sexuelle existe, sachant d’une part qu’elle est fonction du contexte, du temps, de l’individu, sachant d’autre part qu’il y a une diversité de fonctionnement pour une même capacité à mettre en œuvre ?

Une chose est cependant sûre, la sexualité est universelle, même si elle ne revêt pas les mêmes formes partout, alors que la normalité sexuelle varie.

La loi en matière de sexualité est quant à elle incontournable et punissable en cas de non respect. La sexualité doit respecter certaines limites, rester en accord avec l’éthique, les mœurs et le droit en rigueur dans notre pays.

La pédophilie, la zoophilie, nécrophilie et autre perversions sexuelles restent inacceptables dans notre société. La sexualité reste un acte qui se pratique avec quelqu’un d’humain, de vivant, de consentant, de mature (en âge) et qui n’a pas de lien de sang direct.

 

CONSÉQUENCES

 

Aujourd’hui, la sexualité devient presque une affaire de santé publique avec une évaluation quantitative et l’introduction du nouveau concept de performance. Une forme de norme physiologique, arithmétique devant un projet d’épanouissement pour ainsi dire mesurable et dont l’écart devient susceptible de guérison.

De nombreux magazines s’intéressent à la sexualité et cela engendre une simplifications des choses et des mécanismes du corps qui rassureront d’un côté et angoisseront de l’autre. Combien de femmes et d’hommes arrivent dans les cabinets des sexologues, gynécologues, urologues et autres thérapeutes pour exprimer leur peur de ne pas être conforme aux modèles véhiculés dans les magazines. Et ils se sentent parfois coupables de mal fonctionner par rapport à la moyenne statistique qui évalue la normalité acceptable.

L’orgasme est parfois considéré comme l’aboutissement incontournable de la relation sexuelle car il est défini comme un point culminant du plaisir chez l’homme et la femme. Mais quand l’orgasme devient le but unique de la relation sexuelle, le plaisir s’avère moins intense et l’érotisme s’appauvrit.

L’échange intime, la communication des émotions intimes, l’imaginaire érotique, etc. sont de plus en plus abandonnés pour viser le point ultime d’une jouissance.

 

CONCLUSION

 

Il est important de garder en tête le terme de « santé sexuelle » au lieu de celui de normativité. En effet, la santé sexuelle est une notion beaucoup plus subjective et apprend bien plus de choses sur le comportement sexuel de chacun.

Le but d’une thérapie sexologique est de mieux comprendre comment l’on fonctionne pour pouvoir mieux s’ajuster à ses propres désirs ou à ceux de son/sa partenaire.

La peur, le doute, le changement dans la vie sexuelle sont des choses normales et ils prouvent que nous évoluons et nous nous remettons en question. Le tout est que ces peurs ne s’installent pas en  » dictateur » pour amoindrir notre épanouissement.

La sexualité doit être une source de bien être et non une contrainte, un réflexe ou un acte qui se voudrait être le même pour tout le monde. La sexualité est, comme la vie, en perpétuelle évolution : Il faut donc prendre le temps de s’adapter.

Géraldine CHANAL
Psychologue – Psychothérapeute
3 rue des Cottages 75018 Paris
Tel : 07 86 05 00 87