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TROUBLES DU SOMMEIL ET HYPNOSE

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L’insomnie, les réveils ou terreurs nocturnes sont souvent liés au stress de la journée, au surmenage, à divers évènements passés pour lesquels un deuil n’est pas fait, à une difficulté à lâcher-prise, etc.

En agissant sur les facteurs conscients et inconscients à l’origine des troubles du sommeil (par exemple sur leur représentation/assimilation, leur libération et autre), l’utilisation de l’hypnose,dans un cadre thérapeutique, peut aider la personne à retrouver le sommeil et à se libérer de l’insomnie.

 

LE SOMMEIL ET SES CYCLES

 

L’homme passe en moyenne 1/3 de son temps couché. Un homme de 75 ans aura ainsi consacré 25 ans à dormir : l’équivalent de sa jeunesse…

La durée de sommeil varie selon les individus : 64% des français déclarent exiger au moins 8 heures de sommeil. Seuls 5% environ dorment moins de 6 heures. Il est cependant déconseillé de dormir moins de cinq heures par nuit (moins de huit heures chez les enfants puisque l’hormone de croissance est libérée à 90% durant le sommeil). Mais trop dormir est également nuisible, à la fois pour notre organisme et pour notre vie : « L’excès de sommeil fatigue ».

En fait, il s’agit moins de savoir combien de temps on dort que de savoir comment on dort. En matière de sommeil, la règle essentielle est le respect de ses cycles de sommeil.

Après endormissement, le sommeil passe en effet par cinq phases :

• Le sommeil léger (20 mn)
• Le sommeil profond (env.10mn)
• Le sommeil très profond (env. 1 heure) : nos fonctions vitales sont au plus bas
• Le sommeil paradoxal (10-15 mn) : c’est le moment des rêves
• Le retour à l’éveil (1-2 mn)

Un cycle complet dure de 1h20 à 2h10 selon les individus et se répète plusieurs fois au cours de la nuit. Il est très important de respecter ses cycles : si notre réveil sonne en phase de sommeil profond, très profond ou paradoxal, on risque tout d’abord de ne pas l’entendre. Si on se réveille quand même, il s’agira d’un réveil difficile : comme pour huit français sur dix, on vient de sauter d’un train en marche !

* Comment calculer la durée de son cycle ?

Le plus naturellement du monde : en notant l’heure de ses réveils sans réveille-matin. En effet, le réveil naturel se fait toujours entre deux cycles. Si on se réveille un jour à 7h et un autre jour à 8h30, c’est que la durée de notre cycle est de 1h30. Elle le restera toujours.

Notre « train du sommeil » rentrera donc en gare à 22h, 23h30, 1h, 2h30, etc. Il est donc inutile, sauf si on aime les quais de gare, de se coucher à 22h30 : le train précédent vient de passer et le suivant n’est pas prévu avant 23h30.

Il reste toutefois possible de modifier les horaires du sommeil. C’est par exemple ce qui se passe avec les passages à l’heure d’été ou d’hiver : notre organisme s’adapte mais il mettra tout de même un mois environ pour s’y habituer. La règle essentielle reste le respect de la durée de ses cycles : si on s’endort à 23 heures (au lieu de 23h30), il faut qu’on se réveille également ½ heure plus tôt.

* Durée du sommeil et réveil

La sonnerie de notre réveil doit coïncider avec la fin d’un de nos cycles. Mieux encore, il faut le faire sonner quelques minutes au-delà, de manière à pouvoir le débrancher avant qu’il ne sonne. Avec un peu d’habitude, on arrivera en effet à se passer de réveil. Si on se réveille tout seul à 7h, il n’est pas conseillé de se rendormir pour trente minutes de plus : à 7h30, on sera en sommeil profond ou paradoxal et on aura des difficultés à se réveiller.

Seuls les deux premiers cycles de la nuit comportent le sommeil très profond qui efface la fatigue physique. Au contraire, la durée du sommeil paradoxal augmente avec le nombre des cycles : nous rêvons plus en fin de nuit et en matinée qu’en début de nuit. Les rêves effacent d’ailleurs la fatigue mentale. Les personnes ayant des problèmes psychologiques sont donc souvent de gros dormeurs : ils ont besoin de l’effet apaisant des rêves pour soigner leur anxiété et leur introversion.

Si on désire dormir moins (ce qui ne signifie pas dormir « moins bien »), il est possible de supprimer un cycle complet. Ce que notre sommeil perdra en durée, il le gagnera en profondeur : on ne sera donc pas nécessairement plus fatigué.

Mais modérément : notre organisme n’appréciera guère que nous lui supprimions deux cycles d’un coup ! Afin de compenser cette « perte » de cycle et pour récompenser notre réveil matinal, on peut faire une sieste après le déjeuner : cette sieste doit correspondre à une entrée en gare de notre cycle.

Elle doit impérativement durer, soit le temps complet d’un cycle (ce qui n’est pas toujours évident), soit vingt minutes au maximum (la première phase du sommeil).

* La sieste

L’habitude de la sieste est une habitude saine. Les trois quarts des hommes font la sieste. La sieste permet de se régénérer et de « vivre chaque jour deux journées neuves en une seule ». Elle occupe également un temps durant lequel l’activité cérébrale est troublée par la digestion.

* Le sommeil à tout prix

Vouloir s’endormir à tout prix est la meilleure technique pour ne pas s’endormir. Si on est trop énervé, le contrôleur peut nous interdire l’accès au train.

Il est important de se coucher sans précipitation, de se détendre, d’étirer ses muscles, de bailler et de limiter ses pensées. « Dormir, c’est se désintéresser » selon le Philosophe Bergson.

Même chose au réveil : au lieu de se « jeter » hors du lit, prendre le temps de « renaître » en s’étirant et en bâillant.

Des événements peuvent perturber nos cycles (décalage horaire, heure d’été, nuit blanche,…) et il ne faut pas s’en inquiéter outre mesure. Plutôt que d’être « contrôlé », le sommeil doit être « respecté » ! Le sommeil est à la fois un ami et un bon conseiller : ne dit-on pas que « la nuit porte conseil » ?

Le sommeil ne doit donc pas être considéré comme un « passage obligé » mais comme un plaisir dans lequel il est bon de s’abandonner.

 

L’INSOMNIE

 

L’insomnie est tout d’abord une plainte. Il s’agit d’un symptôme : sommeil trop court, trop léger ou en pointillés et de manière générale, sommeil jugé insuffisant et peu réparateur.

L’interrogatoire et l’examen de la plainte permet de comprendre puis de classer en deux groupes principaux l’insomnie, en fonction de l’élément causal initial.

On souffre sans doute d’insomnie chronique si les comportements suivants semblent familiers :

• Le soir, on est « crevé » mais, quand c’est l’heure de se coucher, on n’a plus sommeil.
• On peut rester couché à attendre en vain le sommeil pendant des heures.
• On porte des bouchons d’oreille parce qu’un moindre bruit nous réveille.
• Quand on commence à s’endormir, l’idée que nous nous endormons enfin nous réveille, et alors c’est fini.
• Dans notre lit, on tente de se relaxer et de contrôler le flot de pensées, mais rarement avec succès.
• Quand ont voit passer les heures, on sait que la journée du lendemain sera « fichue ».
• La perspective d’affronter la journée du lendemain avec si peu de sommeil nous terrifie.
• Quand le réveil sonne, on commence seulement à dormir.
• On a peur de ne pas tenir le coup, de devenir « fou », de ne plus jamais dormir.

– Causes chimiques, organiques de l’insomnie :

• Douleurs musculaires, osseuses ou viscérales qui perturbent tout ou partie du sommeil.
• Troubles circulatoires des membres inférieurs entraînant fourmillements, crampes ou impatience qui empêchent l’endormissement.
• Apnées du sommeil qui réveillent le patient (8,5% d’hommes entre 40 et 65 ans).
• Absorptions d’excitant : thé, café, alcool, amphétamines, vitamines C.
• Abus de somnifères, dont la dose augmente quand l’efficacité diminue.

– Causes liées à la pensée provoquant une insomnie :

• Le stress émanant de conflits professionnels ou affectifs et, plus ponctuellement, avant un examen, un concours.
• La dépression anxieuse, où l’insomnie n’est qu’un symptôme parmi les autres manifestations de la peur et de l’anxiété.

 

HYPNOSE ET INSOMNIE

 

L’utilisation de l’hypnose en thérapie est indiquée dans le cas d’une insomnie du second groupe. L’insomnie est vécue dans ces cas comme un désir d’hypervigilance, contrôle de tout et de rien.

Une hyperactivité intellectuelle ne laisse alors aucune place au répit et à la récompense d’un sommeil bien mérité. Un malaise chronique peut également provoquer un sommeil qui n’est plus un refuge : Peur de s’endormir, puis la peur de ne pas pouvoir s’endormir. Le manque de sommeil finit alors par provoquer un épuisement physique et moral.

La technique d’hypnose utilisée vise à calmer l’anxiété par des suggestions de relaxation, puis à réaliser une véritable rééducation du sommeil.

L’hypnose présente une parenté avec l’endormissement en ce qu’elle nécessite une isolation sensorielle : bruits, lumière, température, puis une détente psychophysique avant d’atteindre la léthargie déclenchant le sommeil proprement dit.

La particularité de l’insomniaque étant justement de s’empêcher de dormir, d’entraver un processus naturel, il est prévisible qu’il tente de contrôler aussi le lâcher-prise sous hypnose. Il faut l’en avertir et lui rappeler que les suggestions ne nécessitent qu’un demi-sommeil pour être efficaces.

Après deux à trois séances d’hypnose, le traitement est poursuivi par l’apprentissage de l’autohypnose. Le relais est généralement pris par des cassettes audio individualisées destinées à autonomiser le patient.

Il arrive que de nombreux détails viennent enrichir le syndrome d’insomnie. En effet, les souffrances du passé, l’enfance, les peurs, le fonctionnement de l’individu sont des explications de l’installation du trouble.

L’hypnose fait ici appel à des processus d’adaptation pour rétablir des mécanismes naturels ou vitaux quels qu’aient été les problèmes rencontrés mais il est important de ne pas réduire la personne à son symptôme et d’en comprendre également le sens et la portée.

 

CONCLUSION

 

L’insomnie est un trouble plus ou moins chronique, qui touche 1 Français sur 5 et 9% en souffrent sévèrement. Elle se manifeste par des difficultés d’endormissement, des réveils au cours de la nuit avec difficultés pour se rendormir, un réveil trop précoce le matin et/ou une sensation de sommeil non récupérateur survenant au moins trois fois par semaine depuis au moins un mois.

Elle s’accompagne toujours de conséquences dans la journée : fatigue, difficultés de concentration ou d’attention, irritabilité, altération de la qualité de vie.

L’anxiété et le stress sont à l’origine de plus de la moitié des insomnies qui peuvent s’aggraver et dégénérer en burn-out, dépression, boulimie…

L’hypnose, dans une approche thérapeutique globale, est ici une réponse efficace aux insomnies en effectuant un travail sur l’origine des troubles, l’anxiété et le stress qu’ils génèrent et en favorisant une prise de recul ainsi que le lâcher prise, afin de reprogrammer un sommeil réparateur.

 

Géraldine CHANAL
Psychologue – Psychothérapeute
3 rue des Cottages 75018 Paris
Tel : 07 86 05 00 87