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ANXIÉTÉ ET TROUBLES ANXIEUX

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L’anxiété est un des problèmes de santé les plus répandus dans notre société. Près d’un tiers de la population en est affectée mais à des niveaux d’intensité différents.

DÉFINITION DE L’ANXIÉTÉ

On la définit comme un état émotionnel, un malaise, une tension qui s’apparente à la réaction de peur que nous ressentons devant une menace, un danger.

Par contre, la peur constitue une crainte d’un danger réel alors que l’anxiété est irrationnelle et sans fondement.

Quoique très pénible lorsqu’elle devient pathologique, l’anxiété bénigne est pourtant inhérente à la condition humaine. Elle constitue un signal, contribue à l’adaptation et nous pousse à agir et à trouver des solutions.

Lorsque nous vivons un peu d’anxiété, les glandes surrénales sécrètent des hormones qui stimulent l’intelligence et la créativité.

Par exemple, il semblerait que les étudiants un peu anxieux réussissent mieux que leurs collègues plus « cools».

De même, le trac chez les comédiens a l’effet de « fouetter » et améliore la performance. L’anxiété à petites doses apparaît donc être un atout.

Cependant, lorsque l’anxiété devient pathologique, elle altère alors le fonctionnement de la personne, touche toutes les sphères de la vie et entraîne différents symptômes qui sont très souvent envahissants et soulèvent de la peur et de l’inquiétude.

Mais que se passe-t-il au juste pour que le corps se dérègle ainsi ?

CORPS ET ANXIÉTÉ

Certaines personnes mentionnent avoir l’impression que la « machine corporelle » perd alors le « Nord », comme un avion en chute libre dont la mécanique est en déroute !

Il faut d’abord qu’il y ait une perception de danger. Cela peut être quelque chose de concret, un pont par exemple, comme dans le cas d’une phobie ou encore une pensée comme pour le TOC (trouble obsessionnel compulsif).

Comme notre corps est doté d’un système d’alarme, celui-ci enregistre le danger et met en branle la réponse d’alerte. Cependant, dans le cas des TA (trouble anxieux) cela constitue une « fausse alarme », le détecteur étant trop sensible !

Malheureusement, notre « système d’alarme » est très ancien, il est en quelque sorte un « vestige de l’ère préhistorique » ! Par exemple, nos ancêtres voyaient un mammouth, cela suscitait une peur et s’ensuivait une cascade de réactions biologiques et psychologiques au service de la survie.

Quelques millions d’années plus tard, il en est toujours ainsi ! Le corps se prépare alors au combat ou à la fuite.

Évidemment, aujourd’hui nous ne croisons pas de mammouths dans la rue, mais nous sommes soumis à plusieurs stress qui peuvent déclencher la même réaction.

De plus, comme le cerveau de l’homme moderne est plus complexe, il peut donc accumuler les stress et déclencher la réponse d’alerte plus tard. C’est alors qu’émergent les symptômes anxieux (attaques de panique, crises d’anxiété, etc.).

FORMES ET SYMPTÔMES DE L’ANXIÉTÉ

Les symptômes peuvent être plus ou moins continus, chroniques ou plus ou moins intenses selon les personnes. Lorsque ceux-ci sont très présents et que l’anxiété domine, on parle alors de troubles anxieux (TA).

Très souvent, cela entraîne des conduites d’évitement, c’est à dire que la personne évite les situations susceptibles d’accroître l’anxiété et cela peut la conduire à réduire ses activités et dans les cas extrêmes à ne plus sortir de la maison.

Les troubles anxieux peuvent prendre cependant différentes formes.

LA PHOBIE SIMPLE

On la définit comme une peur extrême et déraisonnable à l’égard d’une situation ou d’un objet spécifique (ex. : peur des ascenseurs, des araignées, du sang…).

L’exposition au stimulus phobique provoque invariablement une réponse anxieuse immédiate et incite à l’évitement.

Dans le cas de la phobie sociale, il s’agit d’une peur marquée et persistante de situations sociales ou celles comportant une performance (ex. : faire un exposé oral). Elle est généralement accompagnée d’une crainte déraisonnable et excessive d’être observé, humilié ou encore jugé négativement.

LE TROUBLE D’ANXIÉTÉ GÉNÉRALISÉ (TAG)

Le plus communément rencontré, il se manifeste comme un état durable et permanent de l’anxiété où la personne ne ressent pas les symptômes sous forme de crises, mais plutôt de façon continue.

Elle peut anticiper un désastre ou être exagérément préoccupée par la santé, l’argent, l’avenir, le travail par exemple.

Cela s’apparente plus à une tension chronique qui peut entraîner différents malaises physiques (fatigue, maux de tête, tension musculaire, douleurs dorsales, thoraciques, malaises cardiaques, palpitations, tremblements, trouble du sommeil, etc.)

LE TROUBLE PANIQUE

Il se présente plus sous la forme de crises de panique récurrentes de courtes durées (le plus fort de la crise est atteint en une dizaine de minutes) qui surviennent de manière subite et imprévisible par exemple sur la route ou dans une foule.

La personne peut percevoir des changements rapides et sournois dans ses sensations physiques donnant l’impression de crise aiguë.

Généralement, elle associe la crise à une cause « catastrophique », comme de faire une crise cardiaque ou de mourir. Si les crises persistent, il y a le risque de développer de l’agoraphobie et d’éviter de plus en plus différentes situations.

L’agoraphobie peut donc être consécutive à des attaques de panique et se manifester comme un état de tension physique et émotionnel lié à l’attente appréhensive d’une autre attaque.

Cette peur qu’une autre crise survienne est appelée anxiété d’anticipation. L’agoraphobie se présente aussi seule et est alors ressentie comme une sensation de peur; peur de se retrouver seul ou dans un endroit public, peur de perdre le contrôle de soi même, peur d’une aggravation des symptômes ou peur d’être coincée ou prisonnière d’une situation sociale.

L’évitement qui s’en suit contribue, la plupart du temps, à maintenir les symptômes.

LE TROUBLE OBSESSIONNEL COMPULSIF (TOC)

Il est le trouble le plus spectaculaire et le plus complexe. Dans ce cas, la personne est obsédée par une idée négative (ex. : l’impulsion de poignarder) ou des pensées répétitives et même si elle sait que l’idée est irrationnelle, celle-ci génère de la culpabilité et de l’anxiété.

Plus la personne tente de résister et plus l’idée s’impose. Pour chaque idée, il y aura un comportement compulsif (compulsion), qui est la répétition d’un rituel comme, par exemple, se laver les mains ou vérifier si la porte est bien verrouillée.

Les pensées dans le TOC sont souvent une protection contre le risque de commettre une erreur. La personne croit que si elle s’inquiète le « malheur » ne se produira pas.

CONCLUSION

Peu importe la forme que prennent les troubles anxieux, ils génèrent tous une grande souffrance psychologique et entraînent de la solitude et l’impression de ne pas être « comme les autres ».

Malheureusement, dans plusieurs cas, les gens mettront des années à identifier ce qui « cloche » à l’intérieur d’eux !

C’est pourquoi il est important d’en parler et de ne pas hésiter à consulter si vous ressentez des symptômes qui s’apparentent à ceux qui viennent d’être décrits ici.


Géraldine CHANAL

Psychologue – Psychothérapeute
3 rue des Cottages 75018 Paris
Tel : 07 86 05 00 87